Un large éventail d'activités

Le placement :
  • Information et sensibilisation des entreprises
  • Prospection et détection d'offres d'emplois auprès des employeurs
  • Etude détaillée des postes
  • Sélection et présentation de candidats en fonction de leurs aptitudes et des exigences de l'employeur

  • Accueil et inscription des demandeurs d'emploi handicapés
  • Conseil, orientation et validation du projet professionnel des travailleurs handicapés
  • Mise en relation des candidats et des employeurs

  • Prise en charge de la partie administrative des aides au recrutement
  • Placement en milieu ordinaire de personnes venant de Centres d'Aide par le Travail et d'Ateliers Protégés


  • Témoignage :

    - Allo ! Ohé Prométhée Rhône ?
    - Oui, bonjour !
    -Bonjour Madame, Association COMPANIO. Nous intervenons auprès des anciens détenus pour les aider dans leurs démarches de retour à l’emploi.
    -Vous êtes un bureau de placement ?
    - Pas du tout. Par contre, j’ai appris que Ohé Prométhée est un organisme de conseil en réinsertion professionnelle des travailleurs handicapés et je viens vous lancer un S.O.S.
    - J’espère pouvoir vous être utile …
    -Actuellement, je m’occupe du cas de M.Z.. Il a été admis en régime de semi-liberté jusqu’au 30 juin 96. S’il n’a pas retrouvé un emploi avant le 1er juillet 96 il retournera en prison, c’est clair. - C’est clair, mais ce n’est pas simple ! nous sommes déjà le 6 juin…
    -Effectivement, il y a urgence
    -En ce cas, Monsieur, nous allons gagner du temps en nous rencontrant le plus rapidement possible, bien entendu avec M. Z.

    Notre rencontre a lieu rapidement. Le dossier est complet, maintenant. En somme, il n’y a plus qu’à placer notre candidat !
    Quand ils sont partis je reste pensive devant mon bureau. Le placer ! le placer ! mais où ? à quel poste ? Voilà un garçon de 30 ans qui sait tout juste lire et écrire. Sa femme le quitte et emmène leur fils le plus loin possible du père. Lui, après avoir pris du « courage » dans l’alcool, vole une voiture pour revoir son fils. Il a un grave accident. Il survit mais, surtout dans sa tête.
    Au handicap reconnu par la COTOREP, s’ajoute un fort handicap social.. En plus, NOUS, chez Ohé Prométhée, c’est du travail en milieu ordinaire que nous proposons. Il y a une chance sur mille pour que je puisse dénicher LE poste qui corresponde aux compétences de ce candidat.
    Mais…au fait,. qu’est-ce que c’est que cette Association RELAIS devant laquelle je passe en voiture deux fois par jour ? On y voit entrer et sortir des personnes marquées par l’exclusion. Je téléphone à RELAIS. J’obtiens un rendez-vous au cours duquel je parle de M. Z. et de sa situation. Quelques jours plus tard, il y était accueilli pour travailler à un poste d’aide cuisinier restauration collective. Son contrat CAVA de 6 mois (contrat de type particulier) lui permet :
    1. d’échapper à la prison
    2. de se réadapter au travail
    Nous avions gagné une bataille, mais pas la guerre
    Le contrat de 6 mois arrive à son terme. Réunion d’évaluation chez RELAIS avec le tuteur, chef de service cuisine, la responsable de l’Etablissement, une psychologue du travail et un médecin psychiatre. J’y suis conviée à titre d’auditeur. Les conclusions sont très encourageantes : M.Z. a fait preuve d’une bonne capacité d’adaptation, il est travailleur, efficace mais il a encore de sérieux problèmes de mémoire et des pertes d’équilibre. Il a du mal à gérer son budget et sa capacité d’autonomie est mise en doute en partie à cause du fait que l’argent lui coule entre les doigts.
    Le bilan étant globalement encourageant son contrat est renouvelé pour 6 mois . Ainsi arrive juillet 97. Le contrat CAVA ne prévoit pas de congés payés. M.Z. veut absolument revoir son fils…il quitte RELAIS du jour au lendemain ! A son retour, la situation s’est compliquée : plus de travail, plus d’argent, plus de sécurité. Il appelle souvent Ohé Prométhée. Nous nous rencontrons. Sa fatigue psychique est lisible sur toute sa personne : pas rasé, il répète toujours la même phrase :
    - Je PEUX travailler, je PEUX travailler !-
    - Vous savez, en milieu ordinaire d’embauche, on ne peut pas se permettre de prendre des congés sans l’accord de l’employeur …
    - Mais je devais absolument revoir mon fils !
    - Et puis, dans les critères d’employabilité, la présentation est importante. Excusez-moi, Monsieur, mais aujourd’hui, votre présentation n’est pas à son mieux …
    - Je n’en peux plus ! dit-il Un silence s’installe entre nous, puis, je dis :
    - Il y a peut-être un poste pour vous mais si je me mets à la place de l’entreprise, je dois être certaine que vous vous y tiendrez et que, physiquement, ce travail ne vous mettra pas en situation difficile, voire dangereuse. Pendant que je compose le numéro de téléphone de l’entreprise qui propose un poste d’agent de propreté je remarque que le visage de M.Z. est transformé et il ne se tient plus tassé sur sa chaise
    -SNP Bonjour !
    -Ohé Prométhée Rhône à l’appareil, bonjour Madame, je souhaite parler à M. BERNARD…

    A partir de ce moment, tout s’est déroulé rapidement. Notre candidat est reçu par le responsable de la SNP. Comme il n’a pas d’expérience dans le métier d’agent de propreté, il fera d’abord une stage d’essai de 6 semaines au cours desquelles il pourra s’adapter aux différentes techniques, outils … Avant de conclure l’entretien téléphonique avec M. BERNARD, je précise les contre-indications liées au handicap de M.Z: pas de port de charge supérieure à 20 kg et pas de travaux en hauteur.
    Véritable clef à l’embauche, le stage d’essai a permis à notre candidat de démontrer ses aptitudes au métier, d’en apprendre les gestes, de se réadapter dans une équipe de travail, et de reprendre le rythme. Au début, je voyais bien que M. Z. fatiguait. Sans doute était-il excessif dans sa volonté de prouver ce qu’il pouvait faire et qui il était vraiment.
    Au cours du suivi de stage, au bout de 3 semaines, les conclusions de l’employeur étaient très favorables à notre candidat. Pourtant, je craignais que M. Z. -comme certains autres candidats- craque d’un seul coup. Mais il n’en fut rien, au contraire, car son adaptation en milieu ordinaire de travail était globalement excellente.
    Trois semaines plus tard j’étais en rendez-vous avec l’entreprise pour le contrat de travail à durée indéterminée. Nous étions fin avril 1998

    Anne –Marie TISSERAND
    Chargée de Mission



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